Plaques d'immatriculation : la guerre est déclarée
22 avril 2008 par Jacques
La réforme des plaques d'immatriculation sera mise en place à partir du 1er janvier prochain. Le numéro du département disparaîtra sur les automobiles, à la faveur d'une plaque plus anonyme que les véhicules pourront conserver durant toute leur existence. Un collectif parlementaire est parti en croisade contre cette mesure, au nom de l'identité des départements. Monsieur le député a une dent contre le jargon administratif. "Au train où vont les choses, râle Richard Mallié, bientôt on nous appellera tous par nos numéros de Sécu et on oubliera nos prénoms!"
Comme une poignée de présidents de conseils généraux entrés en rébellion au début de l'hiver, cet élu UMP des Bouches-du-Rhône vient de créer un collectif parlementaire pour lutter contre la suppression annoncée des numéros des départements sur les plaques d'immatriculation.
Dès l'an prochain, les petits rectangles d'acier apposés sur les voitures neuves seront ornés d'une suite de lettres et de chiffres anonymes (sur le modèle AA-123-AA), sans identification locale. Les véhicules anciens ou achetés d'occasion seront progressivement concernés, à la faveur des ventes et des modifications de carte grise. "C'est une mesure technocratique. En s'attaquant au numéro, on touche au département lui-même et donc à l'identité des gens. Il y a un côté affectif là-dedans..."
En clair, l'infatigable Richard Mallié, couronné "député le plus actif de France" par le magazine L'Express en 2006, défendra bec et ongles ses souvenirs d'enfance, par fidélité au minot de la Côte d'Azur qui jouait avec sa soeur à pister les bagnoles des Parisiens: "C'est ça, la France. Une seule République mais des gens différents." En quelques jours, l'appel a reçu le soutien de plus de 10% des députés. "Il y a des collègues de droite mais aussi de gauche. C'est une histoire de coeur, qui transcende les partis."
Au ministère de l'Intérieur, où la réforme a été mitonnée, la raison prime le coeur. On martèle que la réforme du système d'immatriculation des véhicules (SIV), qui sera mise en place à partir du 1er janvier 2009, s'imposait: "Cela se fait dans toute l'Europe, en Allemagne, en Italie, en Espagne." Et l'on vante les mérites du nouveau dispositif. Plus rationnel - une voiture gardera la même immatriculation tout au long de sa vie même en cas de changement de propriétaire - et plus simple : un véhicule neuf sera immatriculé par informatique via le concessionnaire, et l'acheteur sera dispensé de faire la queue au service des cartes grises.
"Notre système était à bout de souffle, argue-t-on place Beauvau. A Paris, par exemple, il y a tellement de voitures que, dans quelques années, les immatriculations seraient devenues illisibles." Oui, mais le coeur dans tout ça? Le ministère de l'Intérieur a imaginé une parade pour les nostalgiques des deux chiffres: un numéro de département - facultatif - pourra figurer à droite de la nouvelle immatriculation...
Seraient-ils donc à côté de la plaque, voire franchement rétrogrades, les élus frondeurs ? "Le problème peut paraître dérisoire mais il faut le replacer dans un contexte de procès global fait au département, dont on dénonce la désuétude et l'inutilité. La commission Attali a récemment proposé sa suppression au profit des régions. Je ne serais pas étonné que cette réforme soit un ballon d'essai pour tester les réactions des Français à ce sujet", estime Pierre Allorant, maître de conférences en histoire du droit à l'université d'Orléans.
En clair, l'infatigable Richard Mallié, couronné "député le plus actif de France" par le magazine L'Express en 2006, défendra bec et ongles ses souvenirs d'enfance, par fidélité au minot de la Côte d'Azur qui jouait avec sa soeur à pister les bagnoles des Parisiens: "C'est ça, la France. Une seule République mais des gens différents." En quelques jours, l'appel a reçu le soutien de plus de 10% des députés. "Il y a des collègues de droite mais aussi de gauche. C'est une histoire de coeur, qui transcende les partis."
UN NUMERO FACULTATIF
Au ministère de l'Intérieur, où la réforme a été mitonnée, la raison prime le coeur. On martèle que la réforme du système d'immatriculation des véhicules (SIV), qui sera mise en place à partir du 1er janvier 2009, s'imposait: "Cela se fait dans toute l'Europe, en Allemagne, en Italie, en Espagne." Et l'on vante les mérites du nouveau dispositif. Plus rationnel - une voiture gardera la même immatriculation tout au long de sa vie même en cas de changement de propriétaire - et plus simple : un véhicule neuf sera immatriculé par informatique via le concessionnaire, et l'acheteur sera dispensé de faire la queue au service des cartes grises.
"Notre système était à bout de souffle, argue-t-on place Beauvau. A Paris, par exemple, il y a tellement de voitures que, dans quelques années, les immatriculations seraient devenues illisibles." Oui, mais le coeur dans tout ça? Le ministère de l'Intérieur a imaginé une parade pour les nostalgiques des deux chiffres: un numéro de département - facultatif - pourra figurer à droite de la nouvelle immatriculation...
Seraient-ils donc à côté de la plaque, voire franchement rétrogrades, les élus frondeurs ? "Le problème peut paraître dérisoire mais il faut le replacer dans un contexte de procès global fait au département, dont on dénonce la désuétude et l'inutilité. La commission Attali a récemment proposé sa suppression au profit des régions. Je ne serais pas étonné que cette réforme soit un ballon d'essai pour tester les réactions des Français à ce sujet", estime Pierre Allorant, maître de conférences en histoire du droit à l'université d'Orléans.
UNE OFFENSIVE CONTRE LES DEPARTEMENTS
A en croire les membres du collectif parlementaire, qui assurent relayer un mécontentement né sur le terrain, les Français sont très attachés au système actuel. "Ça permet aux gens d'engager la conversation sur les parkings d'autoroute, ça occupe les enfants qui jouent à reconnaître les plaques durant les longs trajets", rappelle Alain Vidalies, député PS des Landes (40). Selon un sondage publié à l'automne par le quotidien Ouest-France, 64% des personnes interrogées regrettent la disparition du code départemental.
"Les Français tiennent aux départements créés pendant la Révolution. La IIIe République a renforcé cet attachement, notamment en faisant apprendre aux écoliers les numéros des départements. Le rapport Mauroy sur l'avenir de la décentralisation avait bien montré en 2000 ce lien très supérieur à celui pour la région, perçue comme éloignée et technocratique", confirme l'universitaire Pierre Allorant. Pour lui, supprimer la plaque départementale revient à "brouiller un repère de l'identité au moment où la mondialisation est particulièrement anxiogène".
Le député Michel Lefait a été l'un des premiers à lancer la fronde contre la suppression des numéros sur les plaques minéralogiques au conseil général du Pas-de-Calais (62), dont il est le vice-président. Pour lui aussi, la guerre des plaques masque une offensive dangereuse contre les départements: "Il faut défendre ces structures providentielles de proximité. Les gens les apprécient car elles versent de nombreuses prestations sociales. Et la proximité, c'est primordial, comme le démontre le succès incroyable du film de Dany Boon." Michel Lefait a déjà suggéré de faire fabriquer pour cet été des tee-shirts qui seront vendus sur les plages du département: "Ch'ti 62, c'est nous."
Source : Auto news
Dans: Actu